Dans le cadre d’une économie mondialisée, les entreprises s’appuyant sur des employés issus de cultures et d’origines diverses peuvent bénéficier d’un avantage critique. Recruter un personnel diversifié aide l’entreprise d’une part à mieux servir sa clientèle mondiale et d’autre part à élargir l’éventail d’employés qu’elle est susceptible d’engager.
Ce message en faveur de la diversité était au cœur d’un événement organisé par BT et la chaîne d’information économique et financière CNBC, dans le cadre de la réunion du Forum économique mondial 2007. Animé par la présentatrice de CNBC Maria Bartiromo, cet événement a pris la forme d’une discussion ouverte entre le public et cinq invités choisis pour leur expérience et leur approche uniques en matière de diversité.
Les intervenants étaient Carlos Ghosn, Président-directeur général de Nissan et Renault ; Narayana Murthy, Président du Conseil d’administration et Conseiller principal d’Infosys Technologies ; Barbara Beck, Présidente EMEA de Manpower ; Tom Glocer, Président-directeur général de Reuters et Ben Verwaayen, Président-directeur général de BT. Cette session a été suivie par une centaine d’autres dirigeants d’entreprise et a couvert un grand nombre de questions.
Mondialisation et diversité
Le terme « mondialisation » est très utilisé de nos jours pour décrire commodément une tendance majeure de l’économie mondiale. Durant la dernière décennie, les travailleurs de nations fortement peuplées telles que le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine (connus collectivement sous l’acronyme BRIC) ont rejoint l’économie mondiale, alors que leur pays se développait et multipliait les relations commerciales avec les États-Unis, l’Europe, le Japon, l’Australie et d’autres pays ou régions.
Du fait de la croissance de ces ‘pays en voie de développement’, les entreprises n’assurent plus la promotion de leurs produits et services auprès d’un public « familier », c'est-à-dire les Anglais, les Européens ou les « Occidentaux », mais auprès d’un public mondial, présentant des cultures et des origines différentes. Il en va de même pour les grandes entreprises cherchant à se développer dans les pays émergents.
Ainsi, lorsqu’elle compte des clients dans le monde entier, une entreprise doit, pour réussir, s’appuyer sur un personnel international, reflétant les origines socioculturelles de sa clientèle. Ouvrir une filiale à l’étranger composée uniquement d’expatriés envoyés par la maison mère, est « l’assurance d’un échec ou, du moins, d’une réussite à beaucoup plus long terme » a expliqué Carlos Ghosn, Président-directeur général de Nissan et Renault. De plus, abandonner un état d’esprit monoculturel et centralisé signifie déléguer le pouvoir de décision aux filiales étrangères.
« Auparavant, une entreprise développait une activité et l’exportait en même temps que sa culture d’origine » a confié Ben Verwaayen, Président-directeur général de BT. « Mais il convient en réalité de décentraliser la structure du pouvoir, de manière à ce que chaque collaborateur ait le sentiment de pouvoir atteindre leurs objectifs localement. »
A la recherche des talents
Les analystes économiques s’accordent à reconnaître que les entreprises qui réussiront le mieux dans le futur seront celles qui tireront parti des ressources humaines les plus talentueuses. Mais les « talents » – c’est à dire des personnes diplômées dotées des compétences techniques ou commerciales, d’une éthique professionnelle sans faille, d’un accès Internet haut débit et maîtrisant au moins une langue étrangère – sont une denrée rare dans les pays développés, dont la population est vieillissante.
Selon The Economist (octobre 2006), c’est en Europe et au Japon que le vieillissement de la population sera le plus spectaculaire. D’ici 2025, on prévoit une diminution du nombre de personnes âgées de 15 à 64 ans de 7% en Allemagne, de 9% en Italie et de 14% au Japon. Mais les dirigeants d’entreprise des pays développés continuent à recruter parmi leurs concitoyens, ignorant les millions de candidats potentiels dans les nations en développement.
Diversité intégrale
La diversité réclame l’engagement de l’ensemble de l’entreprise, en commençant par sa direction. « Nous devons nous engager sans retenue en faveur de la diversité. Nous manquons de main d’œuvre du fait du rythme effréné de la mondialisation et du vieillissement de la population » a déclaré Barbara Beck, Présidente EMEA de Manpower, qui exhorte les dirigeants d’entreprise à appliquer le principe de la diversité dans leur propre politique de recrutement et à le promouvoir auprès des autres cadres dirigeants. « Nous devons vaincre la tyrannie de l’ignorance et du sectarisme » a conclu Narayana Murthy, Président du Conseil d’administration et Conseiller principal d’Infosys Technologies.
La diversité n’est pas qu’un ‘petit plus’. Elle sera à l’origine des plus grandes réussites de l’économie mondiale. « Opter pour la diversité signifie améliorer l’entreprise, offrir un meilleur service à sa clientèle mondiale et obtenir de meilleurs résultats » a conclu Ben Verwaayen.